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Epidémie de rougeole

Dans le cadre de l'intensification de l'épidémie de rougeole depuis début 2010 en France, l'Agence régionale de santé Paca a mis en place de nouvelles modalités de déclarations des cas.

La recrudescence des déclarations de cas de rougeole depuis début 2010 en France conduit le Haut conseil de la santé publique à étendre les recommandations de vaccination.

La rougeole est une maladie hautement contagieuse.
Sa transmission se fait surtout par voie aérienne à partir des sécrétions naso-pharyngées.
Elle est habituellement bénigne mais peut provoquer des complications graves chez les nourrissons, chez les adolescents et les jeunes adultes
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Situation actuelle en Paca

Dans la région Paca, la circulation du virus s’est intensifiée début 2010 et se poursuit début 2011.
Le nombre de cas signalés par les Services d’urgences des 23 établissements de la région produisant des Résumés de passage aux urgences montre la poursuite de l’épidémie.

  • En novembre 2011, on compte 2776 cas de rougeole déclarés depuis le début de l'année. Parmi ces cas déclarés, 20 % ont été hospitalisés et 13 %, soit  294 personnes ont présenté  des complications (3 encéphalites, 136 pneumopathies).  

A partir des déclarations de cas, les départements qui apparaissent les plus atteints sont les Hautes Alpes, le Vaucluse puis les Alpes de Haute Provence et les Bouches du Rhône.

Dans notre région, comme en France, près de 40 % des cas déclarés début 2010 ont concerné des personnes âgées de 20 ans ou plus alors que les complications (neurologiques ou pulmonaires notamment) étaient plus fréquentes et sévères chez l’adulte

  • L’épidémie actuelle doit conduire à renforcer les activités de vaccination contre la rougeole des jeunes enfants, ainsi que celles visant au rattrapage de la vaccination des enfants, adolescents et jeunes adultes jusqu’à 30 ans.
  • Fin 2010, l’Education nationale via les infirmières a demandé aux parents les carnets de santé des enfants de 6ème et 2nde pour vérifier le statut vaccinal des élèves. Le bilan montre que le taux de couverture cible du plan d’élimination de la rougeole et taux cible OMS (95% d’enfants vaccinés à 24 mois avec au moins une dose) est loin d’être atteint dans la région.

Des foyers sont survenus au niveau de la région Paca dans des crèches, des collectivités scolaires, chez des étudiants, ainsi que des établissements de soins. Ces différents foyers sont l’occasion de confirmer l'insuffisance de la couverture vaccinale contre la rougeole.

Recommandation en matière de vaccination

La vaccination par le vaccin Trivalent rougeole-rubéole-oreillons est recommandée pour :

  • tous les enfants âgés de 12 à 24 mois : une dose du vaccin à 12 mois et une 2ème dose entre 13 et 24 mois (idéalement après la première).
  • tous les enfants accueillis en collectivité avant l'âge d'un an : une dose de vaccin à 9 mois et une 2ème dose entre 12 et 15 mois.
  • toutes les personnes nées depuis 1980 et âgées de plus de 24 mois : deux doses au total de vaccin Trivalent, quels que soient les antécédents vis-à-vis des trois maladies (nouvelle recommandation de 2011).

D'autres recommandations particulières existent : voir les recommandations officielles du calendrier vaccinal français 2011

Les professionnels de santé ou en charge de la petite enfance nés avant 1980 et sans antécédent de rougeole ou de rubéole doivent recevoir une dose de vaccin ROR ; la vaccination peut être pratiquée sans qu’un contrôle sérologique préalable ne soit systématiquement réalisé.
Au contact d’un cas, l’administration d’une dose de ROR est recommandée pour les personnes n’ayant pas fait une rougeole (biologiquement confirmée) ou n’ayant pas reçu 2 doses de vaccin.

La deuxième injection du vaccin Trivalent rougeole-rubéole-oreillons n'est pas un rappel mais un  rattrapage pour les enfants qui resteraient séronégatifs après la première injection.
Dès lors, retarder cette deuxième injection, c'est prendre le risque de laisser des enfants non immunisés contre la rougeole.
C’est pour la même raison que le rattrapage systématique de la vaccination de l’entourage des cas de rougeole est institué depuis 2010 dans le calendrier vaccinal. Ce rattrapage est associé aux différentes mesures préventives adaptées à chaque situation épidémiologique prévues par les autorités de santé.

A noter : avis du Haut conseil de la santé publique

Dans son avis du 11/02/2011, le Haut conseil de la santé publique (HCSP) recommande notamment que toutes les personnes nées depuis 1980 aient reçu au total deux doses de vaccin trivalent afin d’être correctement protégées contre la rougeole.

Le HSCP recommande par ailleurs une dose de vaccin ROR pour les professionnels en charge de la petite enfance nés avant 1980 non vaccinés et sans antécédent de rougeole, en plus des professionnels de santé au contact de sujets à risque de rougeole grave.

Vacciner les enfants avec le vaccin triple RRO permet de les protéger efficacement contre ces maladies et évite que celui-ci transmette ces maladies à d'autres.

En cas de contact avec un malade atteint de la rougeole, la vaccination réalisée dans les 72 heures peut éviter la survenue de la maladie.

En France, un plan national d’élimination a été mis en place en 2005 fixant notamment un objectif de couverture vaccinale de 95 % à l’âge de 2 ans et une incidence annuelle inférieure à 0,1 cas / 100 000 habitants.

La rougeole est une maladie à déclaration obligatoire depuis 2005.

Professionnels de santé
Nouvelles modalités de déclaration des cas pour les professionnels de santé en Paca

L'agence régionale de santé vient de mettre en place deux ajouts sur la fiche de notification rougeole en téléchargement ci-contre.

Il s'agira pour les professionnels de santé de préciser d'éventuels contacts à risque qui sont :

  • les nourrissons de moins de trois mois,
  • les femmes enceintes,
  • les patients immunodéprimés.

Et, le cas échéant, le type de collectivité fréquentée par le patient.

Nouvelle instruction

En raison de l'épidémie de rougeole en cours, l'instruction du 29/04/2011 préconise une adaptation des préconisations de la circulaire du 4/09/2011.

Le principal point d'évolution concerne le diagnostic ; dans le contexte actuel, la présomption clinique et épidémiologique est désormais suffisante pour retenir un cas.

La confirmation biologique serait réservée:

  • aux patient fréquentant des collectivités (petite enfance notamment),
  • aux patients au contacts de patients à risques (milieu hospitalier en particulier), aux patients à jour de leur vaccination, aux patients ayant voyagé ou prévoyant un voyage.