[12 août 2011]
En France, l’hépatite E circule de façon sporadique. En 2009, plus de 250 cas ont été recensés, dont la moitié dans le sud de la France.
La surveillance de l’hépatite E est confiée au CNR des hépatites A et E depuis 2002.
Un groupe de travail a eu pour objectif de rédiger une note d’information prenant en compte, entre autres, l’évaluation de risque initiale et un certain nombre de recommandations de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (ANSES).
Historiquement, les produits à base de foie cru de porc ont été suspectés à plusieurs reprises d'être à l'origine de cas d'infections autochtones (non "importés" par des voyageurs) d'hépatite virale E survenus entre 2007 et 2009.
Des cas ont notamment été observés chez des personnes ayant consommé des saucisses à base de foie cru de porc dans les régions PACA, Corse, et ont fait l'objet d'un signalement par l'institut de veille sanitaire (InVS).
L'avis de l'AFSSA n°2009-SA-101 complété par l'avis n°2009-SA-146 souligne que la consommation à l'état cru de saucisses à base de foie cru de porc représente un risque pour la santé du consommateur. En effet, les premiers résultats expérimentaux montrent que le foie de porc est bien l'organe qui concentre le plus les virus de l'hépatite E en cas d'infection.
Enfin, d'après les résultats provisoires de la surveillance renforcée de l'hépatite E en France en 2010 par l'InVS, plus de 50 % des cas d'hépatite E autochtones sont répartis dans le grand sud de la France, de la région Midi-Pyrénées à la région PACA, régions où sont consommés des produits contenant du foie cru de porc.
Il faut donc porter une attention particulière sur les mesures de prévention, concernant l’étiquetage et la traçabilité des produits cibles à la hauteur du risque potentiel grave pour les consommateurs. Ces derniers ayant pris l'habitude de consommer ces produits non cuits. Les habitudes de consommation "non cuit" doivent être arrêtées et les consommateurs mieux avertis par un étiquetage très clairement visible (en rapport avec le danger pour la santé et les recommandations d’usage des aliments destinés à être consommés cuits : mention « cuit à cœur »).
Pour les personnes à risques (patients immunodéprimés, patients atteints d’une hépatopathie chronique, femmes enceintes), il est déconseillé de consommer ces produits, même cuits.